US Army suspend son « aide » aux rebelles et une enquête ouverte en France visant le régime Assad

Les Etats-Unis ont partiellement suspendu leur programme de formation de rebelles syriens lancé en mai dernier et dont les résultats semblent très mitigés.

US-ArmyLe porte-parole du Pentagone Peter Cook a annoncé mardi que l'armée américaine avait cessé de recruter des insurgés en Syrie, le temps de réexaminer ce projet censé former et équiper jusqu'à 5.400 combattants par an.

Les quelque 60 premiers éléments de ces « nouvelles forces syriennes » envoyés sur le terrain ont été attaqués dès leur arrivée par le Front Al Nosra, qui serait la branche « d'Al Qaïda » en Syrie. Certains ont été tués ou capturés, d'autres se sont enfuis.

Selon un porte-parole de l'US Army, des rebelles ont également remis de l'équipement au Front al Nosra en échange d'un sauf-conduit.

Il y a deux semaines, le général Lloyd Austin, qui dirige le Commandement central de l'US Army, a dit que seuls quatre ou cinq insurgés formés par l'armée américaine étaient encore actifs.

Selon Christine Wormuth, sous-secrétaire à la politique de Défense, une centaine de combattants participeraient actuellement au programme.

En dépit de ces problèmes, le Pentagone assure que seul le recrutement sur le terrain est interrompu mais que les Etats-Unis continuent leur missions de soutien et d'entraînement.

Un avion de chasse de l'armée russe dans le ciel de Moscou, le 27 août 2013Ce recul américain survient la vieille, où les forces russes stationnées en Syrie, en soutien au président Bachar al-Assad, ont procédé mercredi à leur premier bombardement aérien près de la ville de Homs, en partie tenue par des rebelles, selon un responsable américain.

« Les Russes nous ont prévenus qu'ils allaient commencer leurs frappes« , a indiqué ce responsable de la défense américain. Les Etats-Unis sont à la tête d'une coalition qui depuis plus d'un an bombarde les positions du groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

De son coté l’Arabie Saoudite aurait déclaré, pour la première fois, être d’accord avec la proposition russe, à savoir que Bachar Al Assad restera président pendant la période de transition, selon le général Saoudien Anwar Eshki. Ce qui équivaut à une capitulation, ce qui signifie la suspension de toute aide aux rebelles syriens. Et pour cette raison, le projet européen de Qatar Petroleum a été définitivement enterré en faveur du projet commun des Iraniens et des Russes et du projet Nabucco.

(La Qatar Petroleum et la Shell avait déjà annoncé en janvier 2015, qu'elles mettaient fin à l'important projet pétrochimique Al-Karaana au Qatar, qui avait fait l'objet d'un accord préliminaire en 2011. Il était estimé à près de 6,4 milliards de dollars. En vertu du pré-accord signé en décembre 2011, la compagnie nationale du Qatar devait détenir 80% du projet, situé dans le gigantesque site gazier et pétrolier de Ras Laffan dans le nord du Qatar. Le groupe anglo-néerlandais devait pour sa part en posséder les 20% restants.)

Enquête ouverte en France visant le régime Assad pour « crimes de guerre »

Une enquête pénale pour « crimes de guerre » a été ouverte en France visant le régime de Bachar al-Assad, pour des exactions commises en Syrie entre 2011 et 2013, Paris appelant à « agir contre l'impunité de ces assassins« .

A quand une enquête pénale contre le France (Messieurs Sarkozy, Hollande, Bernard henry Levy, Fabius etc etc …) pour « crimes de guerre » ou faiseur de guerre ?

« Face à ces crimes qui heurtent la conscience humaine, à cette bureaucratie de l'horreur, face à cette négation des valeurs d'humanité, il est de notre responsabilité d'agir contre l'impunité de ces assassins« , a affirmé le ministre des Affaires étrangères Laurent « le Duc » Fabius dans une déclaration transmise à l'AFP.

C'est donc après un signalement du Quai d'Orsay que le parquet de Paris a ouvert le 15 septembre une enquête préliminaire pour « crimes de guerre », a annoncé à l'AFP une source proche du dossier, cette information a été aussi confirmée par une source diplomatique.

L'enquête se base notamment sur le témoignage de « César », un ex-photographe de la police militaire syrienne qui s'était enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant 55.000 photographies effroyables de corps torturés.

Lire : Selon un ex-procureur international, la Syrie serait comme un camp de concentration d'Auschwitz

Le « rapport César – des milliers de photos insoutenables, authentifiées par de nombreux experts, qui montrent des cadavres torturés et morts de faim dans les prisons du régime – témoigne de la cruauté systématique du régime de Bachar al-Assad« , a affirmé M. Fabius, qui se trouve à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.

Le chef de la diplomatie française a appelé l'ONU et notamment la Commission d'enquête internationale sur la Syrie « à poursuivre avec une détermination renforcée son enquête« .

Le Quai d'Orsay a signalé les faits au procureur de Paris au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui oblige toute autorité publique à transmettre à la justice les informations qu'elle possède si elle a connaissance d'un crime ou d'un délit quel qu'il soit.

Les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) ont été chargés de mener les investigations.

Ils travailleront notamment à partir des photos accumulées pendant deux ans par cet homme se faisant appeler « César », qui fut photographe aux ordres du régime syrien avant d'être exfiltré de Syrie en juillet 2013. Il dit avoir travaillé dans une unité de documentation de la police militaire syrienne.

Des « Massacres secrets » ?

La France ouvre une enquête contre Assad pour crimes contre l’humanité

Lors d'une conférence de presse à Paris en mars 2014, plusieurs photos d'une cruauté insoutenable, provenant d'une carte-mémoire emportée par ce « César », avaient été projetées à l'Institut du monde arabe.

Ecrit en anglais en lettres couleur sang, et intitulé « Assad's secret massacres » (les massacres secrets d'Assad), le photo-reportage était destiné aux instances internationales dont l'ONU, pour instruire un dossier sur la responsabilité du régime dans des « tortures de masse ».

Sur ces clichés, on voyait des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et aussi une photo montrant une centaine de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer.

Damas avait alors qualifié ce rapport de « politique ».

Sur ce point on peut légitimement se poser la question : Et si cela n'était fait qu'afin d’amplifier ou d’exagérer les crimes déjà existants du régime syrien ?…

L'annonce de cette enquête intervient alors que la crise syrienne est au centre de l'Assemblée générale des Nations unies.

Lundi, le président François Hollande a affirmé à l'ONU qu' »on ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau« , excluant ainsi Bachar al-Assad d'une solution politique au conflit.

Le président américain Barack Obama a insisté mardi sur le départ du président syrien pour vaincre les combattants de l'état dit « islamique » (EI), alors que la Russie insiste pour le maintenir au pouvoir.

Face à l'EI, comme vous le savez maintenant le président russe Vladimir Poutine a appelé à une « large coalition » incluant Bachar al-Assad et l'Iran, pour prendre la suite de la coalition menée actuellement par les Etats-Unis.

Depuis plus d'un an, la coalition a réalisé plus de 7.200 frappes aériennes contre des positions de l'EI en Irak et en Syrie. La France s'est jointe dimanche aux raids en Syrie en détruisant un camp d'entraînement de l'EI et avoir éliminer 30 des ses memebres.

Poutine à l'Élysée

L'ours de Sibérie est arrivé aujourd'hui vendredi à l'Elysée pour s'entretenir de la Syrie et d'autres sujets tel que le conflit ukrainien avec son homologue français François.Ils ont discuté entre autres des premières frappes russes en Syrie qui interviennent alors que des désaccords sont nombreux entre les Occidentaux et Moscou, en particulier sur les cibles visées par l'armée russe.

Voir vidéos officielles de l'Élysée : http://www.elysee.fr/videos/conference-de-presse-du-president-hollande-et-de-m-poutine/

http://www.elysee.fr/videos/francois-hollande-suite-a-son-entretien-avec-vladimir-poutine-nous-devons-utiliser-tous-les-instruments-pour-sortir-de-cette-crise/

Sources : Afp, Reuters, Russia Today, Agence Sana, Le Figaro, Élysée.fr