Valls se balade au Moyen orient, et des « djihadistes » Français tués par des frappes françaises ?

Le premier ministre Mr Valls en Arabie saoudite (AFP)

Le Premier ministre français Manuel Valls était dimanche 11 octobre à Amman, en Jordanie, pays d'où décollent une partie des chasseurs français qui mènent des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, sa visite s'est centrée sur la question des réfugiés des conflits irakiens et syriens.

Vidéo AFP : Valls en visite en Jordanie

http://vs-nr-eu.newsrep.net/streaming-nr/2015-10/12/1-8ff819fa4e0916bcfd6c3230c87fbf439a94fb21-mpg/HD.mp4

Au Caire, Manuel Valls a finalisé la vente des navires Mistral à l’Egypte

Annoncé le 23 septembre 2015 par François Hollande après une visite du chef de l’Etat français en Egypte un mois plus tôt, et une poignée de main plus tard avec l'homologue égyptien de Mr Valls, Chérif Ismaïl, et le contrat commercial définitif de l’achat par l’Egypte des deux navires Mistral a été finalisé, ceux-là même qui n’ont pas été livrés à la Russie en raison de sa participation dans la crise ukrainienne. Samedi dernier en fin d’après-midi, le premier ministre a annoncé la signature de l’accord, et cela dès son arrivé au Caire, pour sa première étape de sa tournée dans le Moyen-Orient. Et après avoir été reçu pour un tête-à-tête et un déjeuner par le président maréchal pharaon Abdel Fattah al-Sissi, et avant une visite privée de l’église copte du quartier de Mar Guirguis.

« C’est un très grand motif de satisfaction (…) et la preuve de la densité, de la confiance de notre coopération que nous allons prolonger car nous avons besoin d’une Egypte forte« , a commenté M. Valls, accompagné au Caire par le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, et la députée socialiste Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale.

A lire : Après l’Egypte et l’Inde, le Qatar s’équipe de Rafale

Le premier ministre n’a pas voulu donner de détail concernant le montant du contrat, qui s’élèverait entre 910 et 950 millions d’euros, en grande partie financés par l’Arabie saoudite (« François d’Arabie » invité d’honneur des monarchies du Golfe). Mais cet accord entre la DNCS française (Direction des constructions navales services) et la marine égyptienne témoigne quoi qu’il en soit de la coopération particulièrement active au plan militaire entre la France et l’Egypte, après l’achat en février 2015 par Le Caire de 24 avions de chasse Rafale ainsi que d’une frégate multi-missions Fremm et des missiles de courte et moyenne portée.

L’entourage de M. Valls reconnaît un « contexte très porteur » et des relations commerciales « exceptionnelles » avec l’Egypte, depuis la prise de pouvoir du pharaon Al Sissi en mai 2014.

Lire aussi : 3 Rafale pris à la France pour donner à l’Égypte

Les représentants d’une vingtaine d’entreprises françaises sont aussi du voyage en Egypte avec Manuel Valls. Le Caire est notamment intéressé par la poursuite de l’extension et l’aménagement de son métro, ainsi que par des satellites de communication. « Nous investissons en Egypte plus de 6 milliards d’euros« , a précisé le premier ministre.

Manu en Arabie….

Photo : Manuel Valls et le prince héritier saoudien Mohamed ben Nayef à Ryad – agence SPA/ Reuters

Toujours dans le petit voyage de Manu, lors de sa visite en Arabie saoudite, le Premier ministre a lancé un appel lundi soir à Ryad aux entreprises saoudiennes à investir en France, à la veille de la signature d'accords présentés comme « significatifs » pour les entreprises françaises en Arabie saoudite.

« Venez en France, venez investir, c'est le moment plus que jamais« , a déclaré Manuel Valls devant le 2e Forum économique franco-saoudien auquel participaient quelque 200 entreprises venues de France.

Il a rappelé que la France était le troisième investisseur dans le royaume saoudien et qu'il existait des possibilités de développement des activités des entreprises saoudiennes en France.

Le Premier ministre est revenu sur les incidents qui se sont produits récemment à Air France et où des responsables de l'entreprise aéronautique ont été malmenés peu après l'annonce d'un plan de licenciements.

« Les images ont fait le tour du monde (…) alimentant très vite une vieille idée, un vieux cliché qui voudrait que la France soit bloquée, entravée et parfois incapable de se réformer« , a déploré Manuel Valls.

« Ces événements n'ont rien à voir avec ce qu'est la France qui se réforme. Oui, la France se réforme« , a enchaîné le Premier ministre en présentant les différentes initiatives de son gouvernement en matière de baisse de fiscalité des entreprises ou de réformes du marché du travail.

Mr Valls devait donc signer mardi plusieurs contrats pour les entreprises françaises que l'on a présenté comme « significatifs » ou « conséquents » selon des sources officielles françaises. Certains d'entre eux pourraient concerner l'aéronautique, a-t-on ajouté de même source sans précisions.

Après la petite signature des accords Mr Valls devait être reçu par le roi Salmane.

Dix milliards d'euros d'accords conclus entre Paris et Ryad

« France-Arabie Saoudite : 10 milliards d'euros de contrats ! Le gouvernement mobilisé pour nos entreprises et l'emploi« , s'est targué le Premier ministre français sur son compte Twitter.

Ces accords concernent les secteurs de l'énergie, la santé, l'agro-alimentaire, le maritime, l'armement (30 patrouilleurs rapides seront commandés d'ici la fin de l'année), les satellites et les infrastructures, ont indiqué les services du Premier ministre.

Un accord signé mardi porte sur la création d'un fonds saoudien dédié à l'investissement dans de petites et moyennes entreprises françaises, notamment dans le numérique et les énergies renouvelables (2 milliards d'euros).

Un protocole d'accord a aussi été signé entre le Fonds souverain saoudien (Public Investment Fund) et le Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) pour la création d'une usine de fractionnement de plasma en Arabie Saoudite, pour un montant de 900 millions d'euros.

Dans le domaine de l'agro-alimentaire, l'embargo qui touchait la viande bovine française a été levé. 37 sociétés françaises vont pouvoir à nouveau exporter vers l'Arabie Saoudite, précise Matignon.

Paris et Riyad avaient signé en juin dernier des contrats d'une valeur de 10,8 milliards d'euros incluant la vente de 30 Airbus A320 et 20 Airbus A330 à la compagnie Saudi Airlines.

François Hollande s'est rendu à quatre reprises en Arabie saoudite, signe de l'importance donnée à ce pays dans la « diplomatie économique » prônée par Paris. Le prince héritier, Mohammed bin Nayef, est attendu à Paris le 6 novembre prochain.

Lire aussi : « François d’Arabie » invité d’honneur des monarchies du Golfe

France, Arabie tout dans la bonne relation

Paris et Riyad se félicitent depuis plusieurs mois de l'excellence de leurs relations, symbolisée par l'invitation à déjeuner de Manuel Valls par le roi Salmane. Le Premier ministre s'était auparavant entretenu avec des représentants d'entreprises françaises travaillant en Arabie saoudite, principale économie du monde arabe et premier pays exportateur de pétrole au monde. « Il va y avoir à coup sûr une politique de diversification énergétique » dans le renouvelable et le nucléaire, « le choix est fait« , a indiqué le ministre des Affaires étrangères et Duc de Normandie, Laurent Fabius, en relevant l'importance de « l'impulsion politique » en Arabie saoudite, même si l'application pratique demande du temps.

Hypocrisie de politique internationale, la délégation française s'est montrée très discrète pendant son séjour à Riyad sur la question des droits de l'homme ou sur les décisions politiques qui visent à stigmatiser les musulmans de France. Acte hypocrite, réponse hypocrite : « L'efficacité nécessite de la discrétion » selon une source diplomatique française, en clair quand on parle de gros sous on ne fache surtout pas les gens ! Manuel Valls devait plaider auprès du roi Salmane en faveur d'une mesure de grâce pour un jeune chiite.

Mais d'autres accords paraissent pour l'instant davantage en préparation. Ainsi, pour les infrastructures et la gestion de l'eau de Riyad (3 milliards d'euros) et les transports urbains à Riyad (1 milliard), ainsi que pour la distribution de l'énergie à Jeddah, le communiqué français fait seulement « mention de l'intention des autorités saoudiennes d'entrer en négociation » avec respectivement les groupes français Veolia, Alstom et ENGIE. Le président de la compagnie ferroviaire SNCF, Guillaume Pépy, a affirmé son intérêt pour l'ingénierie des métros de Riyad, La Mecque, Médine et Jeddah. De même, pour l'aéronautique civile, « Airbus a de très fortes perspectives de développement commercial avec le renouvellement de la flotte de Saudi Airlines« , relève le communiqué.

Des « djihadistes » Français tués par des frappes françaises ?

Des membres de l'état dit « islamique » de nationalité française – désignés de « djihadistes » – auraient été tués par des frappes françaises en Syrie, a-t-on annoncé lundi de source gouvernementale française, pendant la visite de Manuel en Jordanie. « Les frappes françaises ont tué des djihadistes (en Syrie, ndlr). Il pourrait y avoir des djihadistes français« , a déclaré une source gouvernementale. « Le chiffre de six a été annoncé probablement par une ONG syrienne. A cette heure, nous ne pouvons rien confirmer« , a-t-on précisé.

A voir (seconde partie d'article Le projet américano-israelien Nabucco)

Interrogé par l'AFP, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG syrienne qui dispose d'un vaste réseau de sources dans ce pays en guerre, n'a pas pu confirmer qu'il y avait des Français parmi les membres de l'état dit « islamique » tués lors des dernières frappes françaises.

(Photo fournie le 9 octobre 2015 par le service de presse du ministère de la Défense d'un Rafale au décollage d'une base dans le Golfe, pour des frappes en Syrie / AFP)

La France a décidé de « frapper Daech au nom de la légitime défense puisque Daech prépare depuis la Syrie des attentats contre la France« , avait souligné dimanche Manuel Valls.

(Photo fournie le 9 octobre 2015 par le service de presse du ministère de la Défense d'un Rafale au décollage d'une base dans le Golfe, pour des frappes en Syrie / AFP)

A Lire : Poutine, Obama et Hollande sur la Syrie ! Une Partie de poker entre amis ?

« Nous frappons Daech et tous ceux qui, au sein de Daech, quelles que soient leurs origines ou leurs nationalités, ont décidé de frapper la France et donc de frapper leur propre pays« , avait poursuivi le Premier ministre devant la presse, en référence aux pseudos filières jihadistes françaises.

Ces filières concernent 1.700 personnes dont cinq à six cents sont en Syrie ou en Irak et y connaissent un « nombre grandissant de décès« , a-t-il indiqué.

A lire : Près de 30 000 combattants étrangers en Syrie et en Irak

« Tous ceux qui rejoignent ces camps d'entraînement, tous ceux qui rejoignent Daech doivent savoir qu'ils peuvent demain être frappés. Nous ne demandons pas le passeport à telle ou telle personne mais nous frappons ceux qui préparent les attentats contre la France« , avait-il poursuivi.

Dimanche, des sources au ministère de la Défense français avaient indiqué que le camp d'entraînement de l'état dit « islamique » visé par des raids aériens français en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi abritait des combattants « Français et francophones« .

Cette présence de combattants étrangers avait été identifiée par les services de renseignement français, américains… à travers notamment des interrogatoires de prétendus « djihadistes » liés à la Syrie.

Des chasseurs Rafale français ont visé pour la deuxième fois dans la nuit de jeudi à vendredi un centre d'entraînement de l'EI dans la région de Raqa (est de la Syrie), après une première frappe le 27 septembre sur un objectif de même nature.

Lire : La France a bien livré des armes aux rebelles syriens

Rien ne permet d'établir que des Français ont été tués

Cependant, Le ministère français de la Défense a déclaré lundi que ne rien ne permettait d'établir que des membres de l'état dit « islamiques de nationalité française avaient été tués lors des deux frappes françaises contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

« Dans la nuit de jeudi à vendredi, la France a bombardé un camp d'entraînement djihadiste de Daech. Nous savons que ce camp visait à former des combattants destinés à venir s'attaquer à l'Europe et à la France« , a indiqué le ministère à l'AFP.

« Parmi eux pouvaient se trouver des Français ou francophones. A ce stade, nous ne pouvons confirmer aucun élément précis relatif à ce bombardement« , a-t-il ajouté en réaction à des informations faisant état de la possible mort de membres de l'état dit « islamique » de nationalité française.

Hier, mardi Le porte-parole du groupe de l'état dit islamique a confirmé la mort de son numéro deux lors d’un raid américain, dans un enregistrement diffusé sur la toile.

Sources : Afp, Agence Sana, OSDH, L'Orient le Jour, Reuters, Agence Spa, le Monde