[Vidéo] : Le bourreau de Saddam Hussein raconte son éxecution

D’après Larédac’ à 19h40 le 20 Février 2014

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Mouaffak al-Rubaïe a assisté aux derniers instants de Saddam Hussein exécuté à l’aube du 30 décembre 2006. Depuis, il a précieusement gardé la corde qui l’a pendu et sept ans plus tard se souvient du moindre détail de la fin du dictateur. Il raconte son histoire dans une interview exclusive à l’AFP. Durée 01:43

    Le docteur Mouaffak al-Rubaïe, ancien conseiller pour le Sécurité nationale et qui avait été nommé par l’administration américaine, a raconté à l’AFP en décembre 2013, sa version de la pendaison du président Saddam Hussein dans la prison d’al-Kadhemiya à Bagdad, le 30 décembre 2006, à l’aube. Bizarrement cette version n’a pas été relayée énormément. Le docteur Mouaffak al-Rubaïe a reçu l’AFP dans son bureau qui jouxte la prison où Saddam Hussein a été exécuté. Il s’est fait photographier près de la tête d’une statue du président irakien qui y trône avec autour du cou une corde qu’il a lui-même passé !

    Rubaïe avait été chargé de superviser l’exécution après une vidéo conférence entre George W. Bush et Nouri al-Maliki. Le président américain avait demandé au Premier ministre irakien ce qu’il comptait faire de Saddam… «ce criminel». Réponse de Maliki «Nous allons le pendre», et Bush avait levé le pouce en signe d’approbation.

    Le docteur, toujours selon ses dires, a accueilli Saddam à la porte de la prison et l’a conduit devant un juge. Il était menotté, tenait un Coran dans une main, et ne manifestait «aucun signe de peur», déclare Rubaïe, tout en continuant «Bien sûr certains voudraient que je dise qu’il s’est effondré, ou qu’il était drogué, mais il s’agit de la vérité historique». Le juge a lu au président irakien la liste des chefs d’accusation portés contre lui, tandis qu’il répétait, en guise de réponse : «Mort à l’Amérique ! Mort à Israël ! Longue vie à la Palestine ! Mort aux mages perses ! » Personnene l’a pas entendu regretter quoi que ce soit sur toute son histoire.

    Son bourreau l’a ensuite amené dans une pièce, pleine de monde, où on allait l’exécuter. Les yeux de Saddam se sont posés sur la potence, à ce moment celui-ci s’est tourné vers le médecin et en le regardant droit dans les yeux lui a dit : «Docteur, çà c’est pour les hommes !».

    Les jambes du président irakien Ayant les jambes « menottés », le président irakien a du être porter jusqu’au gibet. Dans la salle, pendant qu’on lui passait la corde autour du cou, les spectateurs se moquaient de lui ou scandaient : « Vive l’iman Mohammad Baqr al-Sadr ! », « Moqtada ! Moqtada !». Ils évoquaient le souvenir du Grand ayatollah qui avait émis une fatwa jugeant licite le recours à la violence contre le régime baasiste et qui a été exécuté en avril 1980 après un attentat visant Tarek Aziz. Moqtada, Moqtada Al-Sadr, qui était son neveu, était à l’époque chef de l’Armée du Mahdi.

    L’instant fatidique arriva et le docteur posa sa main sur le levier commandant l’ouverture de la trappe, pendant que Saddam répliquait à ceux qui criaient ou le raillaient : « Est-ce là un comportement d’homme?». La légende après la mort du dirigeant faisant rapport à son attestation avant de mourir est confirmé par Mr Al-Rubaïe car quand Il a appuyé sur le levier, le président récitait la profession de foi musulmane : « J’atteste qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Muhammadque la paix soit sur Lui… mais le mécanisme ne s’est pas enclenché. Une autre main l’a actionné à nouveau et la trappe s’est ouverte. Saddam n’a pas eu le temps de terminer la phrase.

    Le corps du président Saddam Hussein a été mis dans un sac blanc et transporté par un hélicoptère américain dans la Zone Verte, à la résidence de Nouri al-Maliki. « Je me rappelle clairement que le soleil commençait à se lever« , dit Rubaïe.

    Source : Selon l’AFP et Dailymotion