Violents heurts entre jeunes Palestiniens et soldats zionistes

Des centaines de jeunes Palestiniens ont affronté à coup de pierres des soldats des forces d'occupation zioniste qui ont fait irruption tôt lundi dans le camp de réfugiés d'al-Amari à Ramallah, en Cisjordanie occupée, ont constaté des journalistes de l'AFP et de l’agence Wafa.

L'armée d'occupation zioniste a évoqué « des activités opérationnelles » sans plus de précision.

Le ministère palestinien de la Santé a fait état de 28 blessés par balles, dont un touché à la tête. Un soldat a été blessé par des jets de pierre et évacué par un de ses camarades car il semblait incapable de marcher seul, selon ces journalistes.

Des sources au sein des services de sécurité palestiniens ont affirmé que les forces d'occupations cherchait à arrêter un responsable du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, qui a pu prendre la fuite.

Avant l'aube, les forces de l'administration d'occupations zioniste sont par ailleurs entrés dans un autre camp, celui de Qalandia, situé entre Ramallah et Jérusalem, et y ont arrêté Jamal Abou Lil, membre du Conseil révolutionnaire du Fatah, l'une des plus hautes instances du mouvement, ont dit les mêmes sources.

map cisjordanieLe Shin Beth, la sécurité intérieure de l'administration zioniste, l'a accusé d'avoir « commandité avant son arrestation des attaques à l'arme à feu et d'avoir été impliqué dans le transfert de fonds (…) pour financer des actions armées« .

Une fois entrés dans les ruelles d'al-Amari, les soldats ont affronté des centaines de jeunes qui leur lançaient des pierres et des bouteilles en verre. Les soldats ont répliqué par des tirs de balles et de balles caoutchoutées.

Une porte-parole de l'armée d'occupation zioniste a expliqué à l'AFP que « des dizaines d’émeutiers ont jeté des explosifs artisanaux et des pierres sur les soldats« , mais les journalistes de l'AFP affirment et confirment n'avoir vu aucun objet incendiaire lancé.

« Les soldats ont appelé les émeutiers à cesser leurs attaques et utilisé les moyens de dispersion anti-émeute. Alors que les violences ne faiblissaient pas, ils ont tiré sur les principaux instigateurs« , a-t-elle ajouté.

Cinq Palestiniens, dont trois adolescents, ont été abattus dimanche

(Des ambulances et des membres des forces de sécurité israéliennes, le 14 février 2016 à Hébron en Cisjordanie - photo  de hazem Bader / AFP)

Depuis début octobre, les attaques, menées par des Palestiniens isolés, ainsi que des heurts entre jeunes lanceurs de pierres palestiniens et soldats israéliens, ont fait 172 morts côté palestinien, 26 côté « israélien », ainsi qu'un Erythréen, un Américain et un Soudanais, selon un décompte de l'AFP.

Des ambulances et des membres des forces de sécurité israéliennes, le 14 février 2016 à Hébron en Cisjordanie – photo de hazem Bader / AFP

La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques contre des civils ou des membres des forces de l'administration d’occupation zioniste , commises principalement à l'arme blanche. Les attaques à l'arme à feu sont restées relativement rares, alors que quasi-quotidiennement, les autorités d’occupation zioniste assurent arrêter des Palestiniens en possession de couteaux.

La journée a cependant été marquée par deux attaques à l'arme à feu, la première dans la matinée menée par deux adolescents de 15 ans dans le nord de la Cisjordanie et la seconde perpétrée en soirée aux portes de la vieille ville de Jérusalem par deux autres Palestiniens.

Nihad et Fouad Waked, tous deux âgés de 15 ans mais sans lien de parenté direct, « lançaient des pierres sur des véhicules » passant à proximité de leur village de Araqa situé à l'ouest de la ville de Jénine. « Quand les soldats sont arrivés sur les lieux, l'un des assaillants à tiré en leur direction et les soldats ont répliqué par des tirs qui les ont tués« , a déclaré une porte-parole de l'armée à l'AFP.

Peu de temps après, entre Jérusalem et Bethléem, un Palestinien, qui avait tenté d'attaquer un policier des forces d'occupation à coups de couteau, a été abattu, a annoncé la police. Le ministère palestinien de la Santé l'a identifié comme Naïm Safi, 17 ans, originaire d'un village proche de Bethléem en Cisjordanie.

Aucun membre des forces de sécurité n'a été blessé dans ces attaques, a indiqué la police.

En fin de journée, une jeune Palestinienne « u » à Hébron, selon la police israélienne. La jeune fille, âgée de 20 ans, a ensuite été « transférée vers un hôpital dans un état critique« , selon la police.

Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie et longtemps cœur commercial du territoire palestinien occupé depuis 1967 par l'administration d'occupation zioniste, est une véritable poudrière depuis que 500 colons se sont installés dans le centre historique, barricadés sous haute protection militaire et retranchés derrière une zone tampon désormais interdite d'accès aux 200.000 habitants palestiniens. La ville, et en particulier le Tombeau des Patriarches, a un temps concentré une grande part des violences.

Des jeunes assaillants et manifestants palestiniens, émancipés des partis politiques, disent exprimer leur colère contre l'occupation et ses multiples déclinaisons: les checkpoints, les brimades et la colonisation qui grignote du terrain.

Pour tenter d'endiguer la vague de violence, l'establishment politique et militaire zioniste se divise entre ceux qui veulent sanctionner tous azimuts, et ceux qui prônent au contraire plus de développement économique, avec des permis de travail supplémentaires et des liens commerciaux renforcés.

Sources: Afp, Agence Wafa, L'Orient le Jour, Haaretz…