Yémen : 62 enfants ont déjà été tués dans les combats

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est frontalier de l'Arabie saoudite, où a trouvé refuge depuis samedi le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé de la capitale Sanaa par les rebelles chiites Houthis.

Près de 62 enfants tués

Au moins 62 enfants ont été tués et 30 autres blessés dans les combats au Yémen depuis une semaine, a annoncé l'Unicef mardi.

« Les enfants doivent absolument être protégés, et toutes les parties dans ce conflit devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les enfants« , a déclaré Julien Harneis, représentant de l'Unicef pour le Yémen, qui se trouve actuellement en Jordanie.

« Les combats ont gravement endommagé les services sanitaires les plus rudimentaires ainsi que le système éducatif« , souligne encore l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, dans ce communiqué.

Et l'organisation de citer « l'insécurité alimentaire généralisée et la malnutrition » comme problèmes affectant les plus jeunes.

Le Yémen est en proie à de violents combats et, depuis jeudi dernier, l'Arabie saoudite bombarde les rebelles chiites houthis et leurs alliés qui contrôlent de vastes régions du pays.

Preuve de la précarité de la situation: l'ONU a retiré du Yémen la totalité de son personnel étranger et installé son émissaire Jamal Benomar en Jordanie.

Les Nations unies soutiennent le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui s'était réfugié dans son fief d'Aden (sud du Yémen) après avoir fui la capitale Sanaa, avant de s'installer en Arabie saoudite la semaine dernière.

Une intervention terrestre n'est « pas nécessaire » pour la coalition

Une intervention terrestre au Yémen n'est « pas nécessaire » pour l'instant, a affirmé mardi le porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui mène depuis six jours des raids aériens contre les rebelles chiites ayant conquis des pans entiers de territoire yéménite.

« Pour le moment, une intervention n'est pas nécessaire« , a affirmé Ahmed Assiri, le porte-parole saoudien de la coalition composée de neuf pays arabes. Mais une telle nécessité peut apparaître « à tout moment« , a-t-il nuancé.

Conséquences humanitaires

Des agences d'aide humanitaire ont signalé mardi leurs difficultés à acheminer un soutien crucial pour la population civile via la frontière saoudienne, alors que la logistique est compliquée par la fermeture des principaux aéroports et ports du pays, en raison des combats. L'Arabie accueillera toute aide humanitaire du moment qu'elle passe « par des canaux diplomatiques« , a affirmé Ahmed Assiri, exigeant une coordination avec les autorités militaires. Il s'est justifié après les critiques d'Amnesty International, sur la mort d'au moins six civils, dont quatre enfants, figurant parmi quatorze personnes brûlées vives après un raid de la coalition qui a visé mardi avant l'aube une cible Houthie dans la province d'Ibb (centre du Yémen).

« S'il y a des civils tués (…) ce n'est pas le but de l'opération. Les dommages collatéraux peuvent se produire« , a déploré M. Assiri à ce sujet. « La coalition a été visée par des miliciens depuis une zone résidentielle et l'aviation a dû répliquer », a-t-il auparavant justifié.

L’Iran a envoyé mardi au Yémen de l’aide humanitaire, la première depuis le lancement la semaine dernière de frappes aériennes d’une coalition arabe contre les rebelles chiites, soutenus par Téhéran, a rapporté la télévision officielle.

« La cargaison comprend 19 tonnes de médicaments et de matériel de santé, des produits vitaux et deux tonnes de nourriture« , a indiqué le docteur Nasser Charkhsaz, directeur du Croissant rouge iranien.

L'Iran a également averti que l'attaque saoudienne au Yémen pourrait mettre en danger l'ensemble du Moyen-Orient et a appelé à un arrêt immédiat des opérations militaires.

« Le feu de la guerre poussera toute la région à jouer avec le feu et ce n'est pas dans l'intérêt des nations qui la composent« , a dit le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian en marge d'une conférence de pays donateurs pour la Syrie qui s'est tenue au Koweït.

« Nous nous opposons fermement à la solution militaire au Yémen et nous pensons que l'attaque militaire saoudienne contre le Yémen est une erreur stratégique« , a-t-il ajouté, qualifiant d' »agression extérieure » la campagne aérienne actuelle.

Source : avec Afp, Unicef, Reuters, Agence Saba, Agence Spa