Yémen… Chaos tout azimut

Le Yémen est plongé dans un désordre depuis plus d’un an. Entre les séparatistes du Sud et les revendications de la grande minorité Chiite….

Les coups de force se multiplient, des attentats sont attribués ou revendiqués par des présumés membres du réseau (si réseau il y a !) « Al Qaida »,..

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Le chaos politique est total et demeure depuis le mois de janvier, suite à la démission du gouvernement qui a été suivie de celle du président, aussitôt rejetée par le Parlement, alors que la capitale Sanaa était sous le ferme contrôle d’une milice chiite. Le gouvernement yéménite, nommé il y a moins de trois mois, a présenté sa démission au président Abd Rabbo Mansour Hadi, avait indiqué le porte-parole de l’exécutif, qualifiant cette décision d’ « irrévocable » . Dans la foulée, le président avait démissionné, affirmant que le Yémen était arrivé dans « une impasse totale« .

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Et depuis le coup de force des Houthis et la désertion des diplomates étrangers, le pays s’enlise dans une guerre civile multiforme (du fait que les différents belligérants internes n’ont absolument pas les mêmes revendications et intérêts…)

De nombreux analystes politiques préviennent que l’opération au Yémen conduira à une guerre régionale, ce qui provoquera plus de dommages encore, a fait savoir le journaliste yéménite, Muhammad Al-Attab, lors d’une interview à RT.

Beaucoup de Yéménites attendent que la situation s’aggrave, a déclaré le journaliste Muhammad Al-Attab. Plusieurs analystes politiques préviennent qu’une guerre régionale entre nations arabes se prépare. « Ce genre de guerre ne peut que conduire à des événements plus dramatiques encore« , a prévenu le journaliste yéménite. Le Moyen-Orient ne ressemble plus à rien !

Ce dernier rappelle les accords Sykes-Picot, les accords secrets de 1916 prévoyant le partage du Moyen-Orient en zones d’influence entre la France, la Grande-Bretagne, la Russie et l’Italie. Muhammad Al-Attab qualifie la situation actuelle d' »accords Sykes-Picot 2″.

« Les accords Sykes-Picot numéro 1 ont divisé les terres arabes en pays différents : l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Irak et d’autres encore. Maintenant, il y a de nouvelles priorités pour séparer les pays arabes en fonction des différents territoires, mais cette fois, il y a des tentatives de diviser les pays arabes en tenant compte de religions sectaires« , estime le journaliste yéménite.

Les États « arabes » du Golf (avec L’Arabie saoudite, l’Egypte…) ont été prompts à envoyer des troupes, et ont réussi encore une fois à s’organiser afin de parvenir à une coalition…

Si l’on suit bien ce schéma ; il est bien possible d’unir des forces militaires contre une menace et/ou de venir au secours d’un allié et/ou d’une population en détresse ! Alors quand est-il des Palestiniens, qui depuis bientôt 70 ans se font humiliés, ont été chassés de leur terre, et qui ont été tués au nom du bien être de l’état sioniste ? Et à quand une intervention de ces pays musulmans en centrafrique ? Ou en Birmanie ?

Alors des questions se posent, que défendent-ils exactement ? Le pays ? Le président Hadi ? Le peuple ? Ou des intérêts géo-stratégiques ? Et pourquoi intervenir maintenant ? Pourquoi ne pas l’avoir fait plutôt ? Retour sur une semaine de chaos….

Un raid aérien contre le complexe du palais présidentiel à Aden

Le complexe du palais présidentiel à Aden, dans le sud du Yémen, a été mardi 24 mars 2015, la cible d’un raid aérien peu après l’annonce de l’évacuation vers « un lieu sûr » du chef de l’Etat, selon une source de sécurité.

« Un appareil a tiré trois missiles sur le complexe du palais, et la DCA est intervenue« , a déclaré à l’AFP cette source, alors que des colonnes de fumée se sont élevées du lieu de l’attaque.

Elle n’a pas précisé si le bâtiment principal du complexe avait été touché où si le raid avait fait des victimes.

Le palais avait déjà été visé jeudi dernier par un raid aérien qui ne l’avait pas touché.

Ce dernier raid est survenu alors que des informations contradictoires circulaient sur un départ précipité pour l’étranger du président Hadi.

Les informations sur un départ du président Hadi ont été démenties par un responsable.

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Entre-temps, les rebelles chiites Houthis, alliés à des militaires restés fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, avançaient vers Aden, après s’être emparés de la base aérienne d’Al-Anad, la plus grande du pays.

Des habitants fuient après une nuit d’intenses bombardements sur Sanaa

« Je m’en vais avec ma famille, Sanaa n’est plus sûre » : comme d’autres habitants de la capitale du Yémen, Mohamed a décidé de fuir après une nuit d’intenses bombardements par les avions saoudiens.

Mohamed charge quelques effets personnels à bord d’un minibus à Bani Huwat, un quartier du nord de la capitale. Il va trouver refuge dans sa ville natale d’Ibb, dans le centre du pays.

« Mes enfants étaient terrorisés« , témoigne-t-il, en reconnaissant ne pas avoir dormi de la nuit en raison des violentes explosions et l’entrée en action de la DCA de la milice chiite des Houthis au passage des avions de combat saoudiens.

A l’aube, les habitants ont découvert les dégâts: habitations partiellement détruites, carcasses de véhicules éventrées… Hébété, un homme reste assis sur les décombres de sa maison.

Quatorze personnes, dont des enfants et des femmes, ont péri dans l’effondrement de sept maisons du quartier touchées par les bombardements, selon un bilan de la défense civile.

Une foule s’est formée autour d’un amas de voitures détruites et, contrairement à leurs habitudes, les miliciens Houthis laissent les journalistes travailler pour qu’ils voient « les atrocités« .

« Pourquoi l’Arabie saoudite et les autres pays ont choisi d’intervenir (…) au moment où les Houthis ont conquis la plupart des régions« , s’interroge Safwane Haïdar, un résident.

« Ces crimes saoudiens, américains et israéliens ne nous abattront pas. Ils renforceront au contraire notre force pour les éliminer de la carte car ils visent des civils et des innocents« , lance Ali Al-Barati, un combattant rebelle.

La crainte de nouvelles frappes étant élevée, des centaines d’habitants ont commencé jeudi à fuir les zones visées par des raids contre les Houthis, ces miliciens soutenus par l’Iran qui se sont emparés de la capitale en septembre avant d’étendre leur influence jusqu’au sud avec le soutien d’une partie de l’armée yéménite.

Selon des sources militaires et des témoins, plusieurs sites sensibles tenus par les Houthis à Sanaa, dont une base aérienne et le palais présidentiel, ont été visés jeudi et un incendie s’est déclaré dans le palais présidentiel.

Les raids ont cessé aux premières heures de la journée. Les établissements scolaires étaient fermés jeudi et aucune date n’a été annoncée pour leur réouverture.

De longues queues de véhicules se sont formées devant les stations service. « Je prends mes précautions car je crains la pénurie« , explique Hammoud, qui patiente au volant de sa voiture.

Selon lui, « tout le monde s’attend à ce que les carburants ne soient plus disponibles » dans les prochains jours.

A l’inverse de Sanaa, où la colère s’exprime ouvertement, les résidents d’Aden, la grande ville du sud, ne cachent pas leur soulagement. Car ils craignaient que, en l’absence d’une intervention extérieure, les Houthis ne lancent l’assaut contre leur cité dont ils se sont rapprochés ces derniers jours avec l’objectif d’arrêter le président Abd Rabbo Mansour Hadi qui s’y est réfugié.

« Nous exprimons nos remerciements pour le soutien de nos frères« , notamment des pays du Golfe, même si leur intervention « est arrivée un peu tard« , se félicite Abou Nasser Al-Adari, un habitant d’Aden.

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Le roi Salman d’Arabie saoudite a réunit une coalition pour rétablir l’ancien président Hadi chassé par une révolution au Yémen. Dès la prise d’Aden par les révolutionnaires, l’Arabie saoudite a mobilisé plus de 100 000 hommes et 100 bombardiers pour attaquer le pays.

La coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite comprend également le Bahrein, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar et le Soudan (tous des monarchies membres du Conseil de coopération du Golfe plus le Soudan qui est gouverné par une branche dissidente des Frères musulmans). La coalition est soutenue politiquement par l’Égypte et le Pakistan. Les États-unis lui fournissent des renseignements satellitaires.

Bien que demandée par le président Hadi, l’intervention de l’Arabie saoudite et de ses alliés est illégale en droit international et constitue une agression.

L’intervention de l’Arabie saoudite n’a guère de sens si elle ne se poursuit pas au sol. Mais on imagine mal une invasion, après la défaite saoudienne de 2009.

Les États-unis s’étaient jusqu’ici tenus à l’écart du conflit, pensant que le pays se scinderait en deux comme durant la fin de la Guerre froide. Symboliquement, ils ont fermé leur ambassade et retiré leurs forces spéciales.

Les Houthis sont largement majoritaires par eux-mêmes. Alliés aux partisans de l’ancien président Saleh, ils n’ont pas eu de difficulté à contrôler tout le pays.

Les Houthis chiites et leurs alliés sunnites se réclament ensemble de la Révolution de l’imam Khomeiny et leur victoire a été saluée comme telle par l’Iran.

Le président Hadi est, quant à lui, soutenu à la fois par les monarchies et par al-Qaïda. Cependant, il a condamné les méga-attentats anti-chiites commis par l’Émirat islamique (Daesh).

L’Egypte participe à l’intervention militaire saoudienne au Yémen

L’aviation et la marine égyptienne participent à l’intervention militaire arabe en soutien au président du Yémen face à l’avancée des rebelles chiites Houthis, a indiqué jeudi la présidence dans un communiqué.

Le gouvernement avait auparavant indiqué que l’Egypte était également prête à envoyer des troupes au sol si cela s’avérait nécessaire.

« Il était nécessaire pour l’Egypte de prendre ses responsabilités (…) avec la participation d’éléments des forces armées égyptiennes de l’aviation et de la marine« , a détaillé la présidence.

La participation de l’Egypte intervient en réponse à l’appel « de la nation yéménite pour le retour de la stabilité » et pour « préserver son identité arabe« , précise le communiqué, alors que l’Iran est accusé de soutenir les rebelles Houthis.

Un responsable militaire égyptien a confirmé à l’AFP que l' »Egypte participait à l’opération en cours« .

Yémen : la grande peur de l’Arabie saoudite

La hantise de l’enfermement est souvent facteur d’interventionnisme pour les pays qui se rêvent en puissances régionales.

C’est le cas du Pakistan, qui tente depuis longtemps de satelliser l’Afghanistan, de peur qu’il ne tombe dans l’orbite indienne. Ça l’est également de l’Arabie saoudite, engagée depuis plusieurs années dans une lutte d’influence à la fois géopolitique et religieuse avec l’Iran, aujourd’hui motif de son intervention au Yémen.

Ces deux pays ne sont pas seulement les uniques puissances régionales, l’Irak et la Syrie étant livrés au chaos ou à la guerre civile ; ils sont également le porte-étendard des deux grandes subdivisions de l’Islam : sunnite pour l’Arabie saoudite, chiite pour l’Iran. Or le vent de l’histoire souffle en ce moment dans le sens du chiisme, pourtant minoritaire dans le monde musulman, et de Téhéran, qui a déjà des obligés à Bagdad, Damas, Beyrouth, d’où la nervosité dont Riyad fait preuve ces derniers temps.

Dès 2009, l’armée saoudienne était intervenue sur la frontière yéménite (voire un peu au-delà) pour éviter une extension de la guérilla chiite qui commençait à s’y développer. Deux ans plus tard, c’est encore elle qui a ramené l’ordre à Bahreïn, où la majorité chiite contestait le pouvoir sunnite. Et ce, toujours par peur de la contagion : le micro-État est voisin des champs pétroliers saoudiens… sur lesquels vit une importante communauté chiite.

En prenant cette fois la tête d’une coalition internationale afin de mettre un coup d’arrêt à la prise de contrôle du Yémen par la rébellion houthie, les autorités saoudiennes poursuivent toujours le même but. Concrètement, l’objectif est double. D’une part, éviter que l’Arabie saoudite soit prise en tenaille entre l’Iran et ses alliés. De l’autre, faire en sorte que le détroit de Bal-el-Mandeb, qui commande l’accès à la mer Rouge et, au-delà, au canal de Suez, passe sous leur contrôle au même titre que le détroit d’Ormuz. En d’autres termes, s’assurer que Téhéran ne puisse bloquer un deuxième point de passage par lequel transite une partie du pétrole mondial.

À en juger par l’ampleur de la force d’intervention qui rassemble une dizaine d’autres pays avec la bénédiction des États-Unis, les Saoudiens ne sont pas les seuls à nourrir cette inquiétude.

Une force militaire conjointe en préparation

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont décidé jeudi la création d’une force militaire conjointe d’intervention rapide, rapporte la télévision égyptienne.

Leur proposition sera transmise aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation réunis en sommet ce week-end en Egypte à Charm el Cheikh, dans le sud du Sinaï.

« Les ministres (…) arabes ont convenu d’adopter un important principe, la formation d’une force militaire arabe unifiée« , a déclaré à la presse le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el Arabi, à l’issue d’une réunion dans la station balnéaire de la mer Rouge.

« Cette force aura pour mission d’intervenir rapidement pour faire face aux menaces contre les nations arabes« , a-t-il dit.

Nabil el Arabi a été chargé par les ministres des 22 pays membres de la Ligue d’assurer la coordination entre les chefs d’état-major des différentes armées nationales pour former cette force dans un délai d’un mois.

Il y a deux semaines, Nabil el Arabi avait appelé à la création d’une force multinationale capable d’intervenir rapidement contre les groupes terroristes, de participer à des missions de maintien de la paix et de sécuriser des opérations humanitaires.

Washington envisage d’aider l’Arabie saoudite

Les États-Unis envisagent de fournir du ravitaillement en vol et d’envoyer des avions-radars pour aider la coalition menée par l’Arabie saoudite dans son opération au Yémen contre les rebelles houthis, selon des responsables américains. « C’est sur la table, et c’est en train d’être discuté« , a indiqué l’un de ces responsables. La Maison-Blanche a déjà indiqué que les États-Unis se coordonnaient avec les Saoudiens pour fournir un soutien militaire et de renseignement à l’opération. Pour l’instant, les Américains ont affecté une douzaine de militaires dans une cellule de coordination avec la coalition menée par l’Arabie saoudite, selon le Pentagone.

« Leur rôle est premièrement de maintenir les lignes de communication ouvertes entre les États-Unis et les pays du Golfe« , a déclaré le colonel Warren, porte-parole du Pentagone. Bien que les Saoudiens et les autres pays du Golfe aient des forces aériennes importantes, il n’ont pas assez d’avions ravitailleurs et d’avions-radars AWACS pour mener une opération importante et d’une durée indéterminée. Le Pentagone n’a pas explicité pourquoi les États-Unis avaient choisi d’aider les Saoudiens, alors qu’ils ne l’avaient pas fait en 2011 à Bahrein, où l’Arabie saoudite était intervenue pour réprimer l’opposition.

« Ce qui est important ici, c’est notre partenariat avec les Saoudiens« , a déclaré le colonel Warren. Le général Austin, qui commande les forces américaines au Moyen-Orient, a reconnu jeudi matin devant le Sénat américain que les Saoudiens ne l’avaient mis au courant de leur opération militaire que « peu de temps avant qu’ils ne passent à l’action« , le « jour même« .

Le général a indiqué que les militaires américains « aideraient » les Saoudiens, avec « du renseignement, de la logistique et de la planification« , mais sans donner de détails.

Source : avec Afp, reuters, Agence Sena, Nil Tv, Rfi, Agence Saba, Agence SPA, Associated Press, Arab news netWorks, Russia Today