Yémen : Rien ne va plus, le ministre de l’Intérieur et un chef des renseignements limogés

D’après Larédac’ à 12h28 le 09 Mars 2014

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi

Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a limogé le ministre de l’Intérieur et le chef du service des renseignements politiques après l’escalade des violences dans le pays, a annoncé l’agence officielle Saba samedi.

M. Hadi a dénoncé en février les lacunes des services de sécurité dans son pays, où le réseau « Al-Qaïda » profiterait de l’affaiblissement du pouvoir central depuis 2011 pour y renforcer son emprise multipliant les attaques contre les forces de l’ordre.

Le président a nommé Abdo Tareb pour remplacer Abdelqader Qahtan à l’Intérieur et le général Jalal al-Rwechane à la place de Ghaleb al-Qamech à la tête du renseignement politique, a précisé l’agence Saba.

Il a dans le même temps nommé Khaled Bahhah pour remplacer le ministre démissionnaire du Pétrole Ahmed Abdallah Dares, selon la même source. 

Selon des sources politiques, les changements à l’Intérieur et à la tête du renseignement politique ont été décidés après la gronde populaire contre l’insécurité grandissante dans le pays.

Outre les attaques ou les assassinats quasi-quotidiens de membres des forces de sécurité, des attentats spectaculaires ont été menés selon le mode opératoire d’ »Al-Qaïda » dont la branche basée au Yémen, dénommé Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), est considérée par les Etats-Unis comme l’émanation la plus dangereuse du réseau extrémiste.

En février, un assaut contre la prison centrale de Sanaa a permis l’évasion de 29 prisonniers, dont 19 membres présumés d’Al-Qaïda, et coûté la vie à 11 membres des services de sécurité.

« Les actions terroristes n’auraient pas pu atteindre un tel niveau si les performances des services de sécurité avaient le niveau requis« , avait alors déploré M. Hadi, élu en février 2012 président pour une période intérimaire, en vertu d’un accord sur une transition politique.

En dépit de plusieurs campagnes menées par l’armée, Al-Qaïda reste actif dans le sud et le sud-est du Yémen et avait même mené un assaut spectaculaire contre le ministère de la Défense à Sanaa en décembre (56 morts).

De nombreuses attaques visent en outre régulièrement les installations pétrolières du pays, le plus pauvre du monde arabe.

De plus, le Yémen est touché par un violent mouvement séparatiste dans le Sud, qui rejette un projet de fédération pour le pays et milite pour une sécession du Sud, un Etat indépendant jusqu’en 1990.

Et dans le Nord, les rebelles chiites des Houthis cherchent à asseoir leur autorité et des combats réguliers y ont lieu avec l’armée et des combattants designer « d’islamistes ».

Dans ce contexte d’escalade, des analystes ont mis en garde contre une pénétration du « réseau extrémiste » dans l’armée et les services de sécurité. – comme si d’autre facteur n’entrait pas en jeu : l’économique, le social, l’instabilité politique … les rivalités tribales ….- 

L’appareil sécuritaire semble aussi fragilisé par des divisions, certains officiers étant restés loyaux à l’ex-président Ali Abdallah Saleh chassé du pouvoir après plus d’un an de contestation.

Source : Afp, Reuters, Agence Saba, agences de presse yéménites