Yémen : Une guerre « périphérique » qui a fait plus de 6.000 morts

Des experts de l’ONU avaient recommandé au Conseil de sécurité de mettre en place une« commission d’enquête » sur les exactions commises par les belligérants au Yémen, dénonçant notamment des raids de la coalition contre des cibles civiles.

 

Le conflit au Yémen a fait plus de 6 100 morts, dont près de la moitié de civils, et environ 30 000 blessés, selon l’ONU.

 

Plus de dix mois après le début de sa campagne aérienne, la coalition continue de viser quasi quotidiennement des cibles présentées comme des positions rebelles.

Le groupe armé houthi et les forces qui lui sont alliées mettent en danger les vies de milliers de civils à Taëz, ville située dans le sud du Yémen, en bloquant depuis trois mois l’acheminement de fournitures médicales essentielles et de produits alimentaires, en violation flagrante du droit international humanitaire, a déclaré Amnesty International.

 

La plupart des établissements de santé ont fermé leurs portes, les rares encore ouverts ne vont bientôt plus pouvoir fonctionner par manque de matériel et de médicaments. Un nouveau-né est mort quelques heures après la naissance en raison d’une grave pénurie d’oxygène dans les hôpitaux de la ville.

 

« Les forces houthis semblent bloquer délibérément l’approvisionnement en biens civils, dont des fournitures médicales vitales et des vivres, aggravant ainsi la crise humanitaire qui fait des ravages dans la population de Taëz, a déclaré James Lynch, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

 

« Le blocage de l’aide humanitaire est une grave violation du droit international humanitaire. Les habitants de Taëz sont pris au piège dans une enclave, et les priver de produits de première nécessité constitue une sanction collective à l’égard de la population civile. »

 

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Figure-7-1200x807Toutes les voies d’accès à Taëz sont contrôlées par le groupe armé houthi et ses alliés. Il est aujourd’hui très difficile d’entrer dans la ville ou d’en sortir, les restrictions d’accès ayant été considérablement renforcées depuis le début du conflit.

 

Seul le point de passage d’Al Duhi, à l’ouest de la ville, est encore ouvert, par intervalles : les habitants sont donc pour la plupart bloqués à l’intérieur.

 

Certains ont raconté à Amnesty International que des membres du groupe armé houthi et de ses alliés avaient interdit à des civils de passer aux postes de contrôle, confisquant parfois les biens qu’ils tentaient de faire entrer – des fruits, des légumes, de la viande et des vêtements, mais aussi des bouteilles de gaz pour la cuisine et des bonbonnes d’oxygène destinées aux hôpitaux.

 

Le droit international humanitaire interdit formellement le blocage de l’aide médicale. Toutes les parties au conflit doivent garantir le libre passage des convois humanitaires neutres destinés aux civils.

 

Amnesty International a rencontré cinq médecins de Taëz, qui ont déclaré avoir désespérément besoin de produits anesthésiques, d’oxygène et d’instruments chirurgicaux pour soigner les personnes blessées lors des combats qui font rage entre les groupes armés houthis et anti-houthis dans la ville.

 

Seuls quatre établissements fonctionnent encore dans l’enclave. Et encore : ils ouvrent et ferment par intervalles, selon qu’ils ont réussi ou non à obtenir des consommables médicaux qui, généralement, ont été acheminés clandestinement, par un sentier serpentant dans une région montagneuse, à 3 000 mètres d’altitude, au sud de la ville.

 

 

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l’OMS livre de l’aide à la ville de Taëz

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mercredi être parvenue à livrer de l’aide médicale dans la ville yéménite de Taëz dont les habitants sont assiégés depuis plusieurs mois par les rebelles Houthis.

L’OMS a « pu livrer plus de 20 tonnes de médicaments et matériel médical qui peuvent sauver des vies », précise l’organisation dans un communiqué.

 
« Ces livraisons médicales sont cruciales pour répondre aux besoins urgents dans une ville où plus de 200.000 personnes continuent de vivre dans un état de siège avec un accès limité à l’aide humanitaire », ajoute l’OMS.

 

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Trois soldats abattus en pleine rue

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Trois soldats yéménites ont été abattus aujourd’hui en plein jour à Aden (sud) par des hommes armés et cagoulés, a indiqué un responsable des services de sécurité en attribuant l’attaque au groupe – affilé au réseau – « Al-Qaida ». Les trois militaires, qui se déplaçaient à pied dans le quartier d’Inmaa, ont été surpris par des individus qui ont ouvert le feu dans leur direction, selon la même source.

 
« Ils sont morts sur le coup », a ajouté le responsable, affirmant que les assaillants, qui on réussi à prendre la fuite, « appartiennent probablement à al-Qaida ».

Les soldats faisaient partie de l’escorte de Fadl Hassan qui commande la base aérienne d’al-Anad, au nord d’Aden, reprise aux rebelles chiites Houthis en juillet dernier par les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi.

 

 

Mardi, au moins six personnes, dont quatre membres d’une même famille, avaient été tuées dans des combats entre djihadistes d’al-Qaida et forces gouvernementales à Aden.

 

 

 

 

Six membres d’une même famille ont été tués

 

Le raid est attribué à l’aviation de la coalition arabe, ont indiqué secouristes et voisins, hier mercredi 10 février 2016.

 

Les deux étages supérieurs de la maison se sont effondrés et les secouristes ont extrait le corps d’une femme et d’une fillette, tandis que le père de famille et deux autres enfants sont donnés pour morts et sont coincés sous les décombres, a indiqué un photographe de l’AFP.

 

Le père de famille, Mounir al-Hakimi, est un réalisateur de la chaîne de télévision Al-Yaman al-Yom, contrôlée par l’ex-président Ali Abdallah Saleh, allié des rebelles chiites Houthis qui sont maîtres de Sanaa depuis fin 2014.

 

Selon des voisins, la maison a été touchée par un missile.

 

 

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Une école touchée

 

Un autre missile a détruit un dépôt, proche, d’un concessionnaire automobile et les pompiers s’emploient à maîtriser le feu qui a pris dans un stock de batteries et d’huiles pour voiture.

Une école privée voisine a également subi des dégâts.

 

Plusieurs voisins ont été catégoriques, affirmant que la maison avait été détruite par un missile de l’aviation de la coalition arabe commandée par l’Arabie saoudite, qui aide depuis mars 2015 le pouvoir à reprendre les vastes régions conquises par les rebelles.

 

 

 

 

 

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Des militants « d’Al-Qaïda » s’affrontent au Yémen

Des militants d’Al-Qaïda s’affrontaient lundi dans une ville du sud du Yémen, vraisemblablement dans le cadre d’une guerre de pouvoir intestine après l’élimination d’un leader du groupe par un drone américain.

La violence a éclaté tard dimanche dans la ville de Zinjibar, faisant au moins sept morts et neuf blessés parmi les combattants.

Les factions rivales sont dirigées par un chef local nommé Abou Anas al-Sanani et un autre nommé Ossan Baliedy. Ce dernier est le frère de Jalal Baliedy, qui a été tué par la frappe de drone américain en compagnie de trois autres personnes jeudi.

Jalal Baliedy dirigeait « Al-Qaïda » dans la province d’Abyan, dont Zinjibar est la capitale. Il était connu pour sa brutalité, y compris la décapitation de 16 soldats en août 2014. Son idéologie se rapprochait apparemment plus de celle de l’état dit « islamique » (EI), qui a une filiale au Yémen et qui est engagé dans une rivalité sanglante avec Al-Qaïda.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique est considéré depuis longtemps par Washington comme une des organisations terroristes les plus dangereuses de la planète. L’organisation a profité du chaos qui règne au Yémen pour réaliser d’importants gains territoriaux.

 

 

 

Le Maroc réaffirme « sa solidarité totale »  avec l’Arabie Saoudite

 

mezouar-680x365Le ministre des Affaires étrangères, Salahaeddine Mezouar qui s’exprimait lors d’une conférence conjointe avec son homologue saoudien, Adel Al-Joubeir a déclaré que le Maroc est « totalement solidaire de l’Arabie Saoudite contre toute interférence dans ses affaires internes ».

 

Le chef de la diplomatie saoudienne est arrivé ce mercredi 10 février, à Rabat, pour ce qui est sa première visite officielle au Maroc depuis sa nomination en 2015, pour une visite éclaire d’un jour avant de s’envoler pour la suisse.

 

Salaheddine Mezouar a par ailleurs rappelé que la coalition militaire arabe conduite par l’Arabie saoudite contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, au Yemen, depuis mars 2015 « a prouvé qu’elle avait été mis sur pied pour rétablir la légitimité du Yemen » avant d’ajouter que Rabat « rejette le sectarisme et l’interférence dans les affaires internes des Etats ».

Depuis septembre 2015, les rebelles Houthis et leurs alliés, les forces loyales à l’ancien président Ali Abdallah Saleh, contrôlent le nord du pays et la capitale Sanaa.

 

 

Sources : Afp, Reuters, Agence Saba, Amnesty International, L’Orient le Jour