Zayd Ibn Haritha : Le bien-aimé fils adoptif du Prophète صلى الله عليه و سلم

D’après Abdoullah Ibn Adam à 16h00 le 23 Septembre 2013

Lors du départ de l’armée musulmane pour l’expédition de Mouta, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) désigna trois commandants pour l’armée, en disant: «Vous avez pour chef Zayd ibn Haritha. S’il est touché, alors c’est Jaâfar ibn Abu Talib qui le remplace. Si Jaâfar est touché, alors c’est Abdoullah ibn Rawaha qui le remplace»

Qui était donc Zayd ibn Haritha (qu’Allah l’agrée) ? Selon les historiens, Zayd (qu’Allah l’agrée) était petit de taille, très brun, ayant un nez quelque peu écrasé. Quant à sa biographie, elle commença le jour où son père Haritha laissa partir son épouse Souâda qui comptait rendre visite à ses parents, chez les Banou Maân. Zayd (qu’Allah l’agrée) alors petit enfant accompagna sa mère.

Dans ce séjour-là, une tribu ennemie attaqua les Banou Maân. Zayd (qu’Allah l’agrée) tomba captif. 

Quant à sa mère, elle retourna plus tard auprès de son époux et l’informa de la triste nouvelle. Ce dernier entreprit d’interminables recherches mais il ne put retrouver son fils.

Zayd (qu’Allah l’agrée), en tant qu’enfant esclave, fut acheté par Hakim ibn Hizam (qu’Allah l’agrée), lors de la tenue du marché d’Oukadh. Celui-ci le donna ensuite comme cadeau à sa tante Khadija (qu’Allah l’agrée) et celle-ci le donna à son tour à son mari Muhammad ibn Abdoullah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) qui n’avait pas encore été chargé de la mission divine. Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) le libéra tout de suite mais se chargea de son éducation.

Par la suite, à l’occasion d’un pèlerinage à la Mecque, des membres de la tribu de Haritha rencontrèrent Zayd (qu’Allah l’agrée) et lui racontèrent la souffrance de ses parents. Il leur demanda de transmettre à ses parents son salut et sa tendresse, puis leur dit: «Informez mon père (naturel) que je suis chez le plus généreux père (adoptif)».

Ayant su où se trouvait son fils, Haritha prit aussitôt le chemin avec son frère. A leur arrivée à la Mecque, ils allèrent trouver «Muhammad ibn Abdoullah» et le supplièrent de leur donner Zayd (qu’Allah l’agrée).

Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) leur dit: «Appelez Zayd et demandez-lui de choisir. S’il vous choisit, il est à vous sans que vous versiez de rançon…». Haritha, qui ne s’attendait pas à tant de générosité, dit: «tu nous donnes raison, et même plus»

Puis, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) envoya chercher Zayd (qu’Allah l’agrée). Quand celui-ci arriva, il lui dit: «Connais-tu ces hommes?» Zayd (qu’Allah l’agrée) répondit: «Oui, celui-ci est mon père et celui-là est mon oncle».

Après quoi, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui répéta ce qu’il avait dit à Haritha. Zayd (qu’Allah l’agrée) dit alors: «Je ne choisirai pas un autre à ta place. Tu es le père et l’oncle aussi». 

Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) eut les larmes aux yeux, prit Zayd (qu’Allah l’agrée) par la main et l’emmena devant la Kaaba où des Qouraychites étaient réunis, pour dire: «Je vous prends à témoins que Zayd est mon fils! Il est mon héritier et je suis son héritier!»

Haritha en fut très heureux. Car son fils était non seulement un homme libre, mais aussi le fils (adoptif) d’un homme reconnu comme véridique et fidèle par les Qouraychites. Puis, le père et l’oncle regagnèrent leur pays, rassurés sur l’avenir de Zayd (qu’Allah l’agrée).

Zayd (qu’Allah l’agrée) fut donc adopté par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et il ne fut appelé ensuite que par ce nom: Zayd ibn Muhammad (qu’Allah l’agrée).

Plus tard, quand le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) fut envoyé en tant que messager de Dieu, Zayd (qu’Allah l’agrée) fut le deuxième à croire, ou plutôt le premier selon un autre témoignage.

Après l’émigration à Médine, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) maria Zayd (qu’Allah l’agrée) avec sa cousine Zaynab (qu’Allah l’agrée). Mais le mariage ne dura pas, car la cousine ne l’avait accepté que par respect pour le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Sur ordre de Dieu, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) épousa sa cousine Zaynab (qu’Allah l’agrée) et maria Zayd (qu’Allah l’agrée) avec Oum Kalthoum bint Oqba (qu’Allah l’agrée). Les hypocrites trouvèrent là matière pour semer le doute entre les musulmans. Ils dirent: «Comment Muhammad ose-t-il épousé la répudiée de son fils?».

Mais Dieu avait procédé de la sorte pour distinguer entre l’adoption et la filiation naturelle. C’est pourquoi il fit descendre ce verset: Muhammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager d’Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient. (Al Qur’an 33:40). Et c’est pour cette raison que Zayd (qu’Allah l’agrée) reprit son premier nom: Zayd ibn Haritha (qu’Allah l’agrée).

En outre, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) envoya Zayd (qu’Allah l’agrée) à la tête de plusieurs expéditions. Ce dernier commanda en effet celles d’at-Taraf, d’al-Îs, de Hisma et de bien d’autres, y compris l’expédition de Mouta.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) avait dit à propos de l’estime que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) portait à Zayd (qu’Allah l’agrée): «Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) n’avait envoyé Zayd ibn Haritha dans une armée qu’en tant que commandant. Si Zayd était resté vivant après le Messager, celui-ci l’aurait désigné comme son successeur».

Enfin, quand le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) désigna Zayd à la tête de l’armée qui sortait pour Mouta, il savait bien l’importance de l’enjeu et il savait aussi le destin qui attendait Zayd (qu’Allah l’agrée), puisqu’il avait dit: «Vous avez pour chef Zayd ibn Haritha. S’il est touché, alors c’est Jaâfar ibn Abou Talib qui le remplace. Si Jaâfar est touché, alors c’est Abdoullah ibn Rawaha qui le remplace».

Conscient de son sort, assumant ses responsabilités, et surtout attendant le moment de tomber en tant que chahid sur le chemin de Dieu, Zayd (qu’Allah l’agrée) emmena son armée à al-Balqâ, en terre syrienne, pour livrer bataille contre les armées byzantines. Là, près d’un village appelé Mouta, il dirigea les opérations musulmanes et combattit vaillamment, avant de tomber sur le champ de bataille. L’étendard qu’il tenait à la main ne tarda pas à être relevé par Jaâfar ibn Abou Talib (qu’Allah l’agrée)… C’était en l’an 8 de l’Hégire.