Zayd Ibn Thabit : Le compilateur du Coran

D’après Abdoullah Ibn Adam à 17h41 le 24 Septembre 2013

Cet Ansarite de Médine est l’un des Compagnons récitateurs qui a eu le mérite de réunir le saint Coran dans un seul livre. Avant cette date, les versets et les sourates coraniques étaient éparpillés sur des tables.

Lorsque le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) entra pour la première fois à Médine, Zayd ibn Thabit (qu’Allah l’agrée) qui n’était alors âgé que de 11 ans embrassa l’Islam avec les musulmans de la cité. Quand les musulmans se rassemblèrent en vue de l’expédition de Badr, il vint avec son père. Mais le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) le renvoya en raison de son âge.

Lors de l’expédition pour Badr, Zayd (qu’Allah l’agrée) et certains de ses amis prirent les devants, en allant demander au Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) de les laisser participer à la bataille. Comme le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) s’apprêtait à leur refuser cela, vu leur âge précoce, l’un d’eux, Raafi ibn Khadij (qu’Allah l’agrée) s’avança en maniant habilement sa lance puis dit: «Comme tu vois, je suis un tireur. Je sais bien tirer. Accorde-moi ta permission.»

Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ayant accordé sa permision à Raafi (qu’Allah l’agrée), Samora ibn Joundab (qu’Allah l’agrée) s’avança et exposa avec ses bras bien musclés une série de mouvements convaincants, qui firent dire à un de ses parents: «Samora bat Raafi.»

Alors, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) accorda sa permission. Raafi (qu’Allah l’agrée) et Samora (qu’Allah l’agrée) étaient alors des jeunes âgés de 15 ans.

Quant à leurs pairs, dont Zayd ibn Thabit (qu’Allah l’agrée) et Abdoullah ibn Oumar (qu’Allah l’agrée), ils ne purent être intégrés dans l’armée, en raison de leur âge précoce. Et ainsi Zayd (qu’Allah l’agrée) et ses compagnons ne devinrent des combattants que lors du siège du Fossé, en l’an 05 de l’Hégire.

En tant que musulman, Zayd (qu’Allah l’agrée) ne fut pas seulement un combattant mais aussi un brillant homme de culture. Il apprenait par cœur le Coran, écrivait les versets révélés au Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui), apprenait les langues étrangères à la demande de ce dernier. Si bien qu’il occupa un rang respecté dans la communauté musulmane.

Achaâby a dit: «Zayd ibn Thabit s’est apprêté à monter, alors Ibn Abbas a tenu la bête par l’étrier. Zayd lui a dit: «Ecarte-toi, ô cousin du Messager de Dieu.»

Ibn Abbas lui répondit: «Non, C’est ainsi que nous agissons avec nos savants.»

Qabisa a dit: «A Médine, Zayd était une sommité dans la jurisprudence, la Fatwa, la récitation, la connaissance des devoirs religieux…».

Ces témoignages, et tant d’autres, éclairent davantage sur la personnalité du Compagnon auquel revient l’honneur d’avoir rassemblé les versets et les sourates du Coran.

Durant les 21 années de la révélation, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) communiquait le Coran, verset après verset, sourate après sourate. Pendant ce temps, certains des Compagnons l’apprenaient par cœur, d’autres le transcrivaient sur les tables de façon non ordonnée.

Mais après la disparition du Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et l’irruption du mouvement des apostats qui causa dans ses batailles la mort de nombreux récitateurs du Coran, Oumar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) alerta le khalife Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) sur la nécessité de transcrire le Coran. Ce dernier, après maintes hésitations, accepta l’idée puis convoqua Zayd ibn Thabit (qu’Allah l’agrée) et le chargea de la tâche.

Zayd fut à la hauteur de la mission. Evidemment, il put l’accomplir avec le concours des récitateurs encore vivants et des tables qui préservaient encore les versets écrits.

En parlant de cette tâche qui exigeait une très grande responsabilité, Zayd (qu’Allah l’agrée) avait dit: «Par Dieu, s’ils m’avaient chargé de transporter un mont à la place de la collecte du Coran, cela aurait été plus aisé pour moi.» Il avait eu très peur de faillir à sa mission ou d’être à l’origine d’une erreur dans la collecte du Coran. Mais, il avait été bien guidé par Dieu, qui dit: C’est nous qui faisons descendre le Rappel, et c’est à nous d’en assurer la garde (Al Qur’an 15:9).

Ce fut là la première étape de la collecte du Coran. La seconde fut réalisée durant le règne du khalife Othman (qu’Allah l’agrée), après que les musulmans eurent constaté que le Coran avait été collecté dans plus d’un livre. Pour cette mission, le khalife Othman (qu’Allah l’agrée) chargea encore Zayd ibn Thabit (qu’Allah l’agrée). Ce noble Compagnon fit appel à ses compagnons récitateurs et écrivains de la révélation divine.

Après quoi, ils ramenèrent les livres qui étaient déposés chez Hafsa bint Oumar (qu’Allah l’agrée) puis ils entamèrent la grande œuvre de préserver le Coran dans un livre unique.

Que Dieu récompense Zayd ibn Thabit (qu’Allah l’agrée) et ses compagnons!